L’excitation sexuelle

Ce mot met parfois mal à l’aise. Il fait rougir, il est chargé d’images, de jugements, de normes. Et pourtant, l’excitation sexuelle n’a rien de mystérieux ni de vulgaire. C’est un phénomène biologique, neurologique, hormonal et émotionnel parfaitement documenté par la science.

Parler d’excitation sexuelle, ce n’est pas parler de performance ni de moralité. C’est le corps qui parle !

Un processus d’abord cérébral

Contrairement à une idée très répandue, l’excitation ne commence pas dans les organes génitaux. Elle commence dans le cerveau.

Une pensée, une image, une sensation, une odeur, une voix, un souvenir ou un fantasme activent certaines zones cérébrales impliquées dans le plaisir et la motivation. Le cerveau interprète ces stimuli comme potentiellement agréables ou désirables.

À ce moment là, il libère des messagers chimiques

  • dopamine pour l’élan et l’envie
  • noradrénaline pour l’éveil et l’attention
  • oxyde nitrique pour préparer la réponse corporelle
  • ocytocine pour le lien et la sécurité

L’excitation n’est donc pas qu’une réaction mécanique. C’est une orchestration fine entre pensées, émotions et physiologie.

Le corps suit le cerveau

Une fois le signal lancé, le système nerveux autonome prend le relais. Plus précisément, le système parasympathique, celui du relâchement et de l’ouverture.

Chez les femmes, on observe :

  • une augmentation du flux sanguin vers la vulve et le clitoris
  • un gonflement des tissus érectiles
  • une lubrification vaginale
  • une sensibilité accrue

Chez les hommes :

  • afflux sanguin vers les corps caverneux du pénis
  • érection
  • augmentation de la sensibilité génitale

Ces réactions sont involontaires. On ne les commande pas. Elles peuvent apparaître sans désir et, inversement, être absentes malgré un désir réel.

Excitation et désir ne sont pas la même chose :

C’est un point essentiel et pourtant très mal compris. Le désir est une envie psychique. L’excitation est une réponse physiologique.

On peut désirer sans être excité, être excité sans désirer, ne ressentir l’excitation qu’après le début des stimulations.

Chez de nombreuses femmes, l’excitation est dite réactive. Elle apparaît en réponse à des caresses, à un contexte sécurisant, à une présence attentive. La spontanéité n’est pas toujours obligatoire. Et c’est parfaitement normal.

La norme du désir immédiat et automatique est un mythe culturel, pas une réalité biologique universelle. Et c’est vrai aussi pour les hommes, de manière différente.

Pourquoi le mot dérange :

Si le mot excitation gêne autant, c’est parce qu’il a été confisqué par des récits qui le réduisent, à quelque chose de pulsionnel, à une perte de contrôle, à une obligation sexuelle, à un outil de performance.

Or l’excitation n’oblige à rien. Elle n’est ni un consentement ni une invitation. C’est une réaction du corps, point.

Comprendre cela permet de sortir de la culpabilité, de la confusion et parfois même de la honte.

Ce qui favorise ou freine l’excitation

L’excitation est sensible au contexte.

Elle est favorisée par

  • la sécurité émotionnelle
  • la détente
  • la confiance
  • la qualité de l’attention
  • la lenteur

Elle est freinée par

  • le stress
  • la peur
  • la pression de résultat
  • les conflits non résolus
  • la fatigue

Ce n’est pas un problème de désir ou de volonté. C’est une question de conditions.

Démystifier, c’est libérer

Parler d’excitation sexuelle avec des mots simples et justes permet de mieux comprendre ton propre fonctionnement, d’arrêter de te comparer, de sortir des injonctions et de retrouver une sexualité plus vivante et plus respectueuse.

L’excitation sexuelle n’est pas un mystère. C’est un langage du corps. Encore faut-il le comprendre et avoir appris à l’écouter, sans peur et sans jugement.

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